Errances

Daniel Miller fait partie de ces photographes flâneurs qui perpétuent cette importante école photographique qui a donné, au fil des ans, de nombreuses images aujourd’hui incontournables.

 

Avec son approche subjective de la rue, il ne cherche pas à documenter des événements particuliers comme une manifestation ou un accident quelconque. Ce qui l’intéresse, c’est de donner libre cours à son imaginaire ainsi qu’aux émotions que lui procurent ces rencontres furtives avec d’autres personnages. C’est ce que Robert Doisneau décrivait très justement comme «le théâtre de la rue». Les images en noir et blanc de Miller sont un mélange subtil de spleen, de solitude et de gravité qui sied bien à sa personnalité. Je pense en particulier à ce monsieur tirant un sac de voyage avec, en arrière-plan, une murale montrant un train à vapeur ou à ce couple d’amoureux sur les bords de la Seine à Paris.